JOYEUX NOEL
BONNE ANNEE
etc etc
x'D
Quel bonheur de poster ici ='D
Je suis très émouvue.
Bon ok, je suis aussi trèèèès en retard.
Je m'en excuse, et je vous suppliiiiiiie de me pardonner.
é_è
Bon alors c'est un épilogue loooong, trèèèèès loooong, trèèès trèèèès looong....
XD
J'espère que vous aurez le courage de tout lire...^^
Bon sinon, j'ai passé de bonnes vacances (pour ne pas dire les meilleures depuis longtemps.), de joyeuses fêtes (surtout le Nouvel An <3) et j'espère que de votre côté c'est pareil =')
Bonne lecture
(on se retrouve touuuuuut en bas XD)
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POV Tom:
Ca fait maintenant un mois. Un long mois. De bonheur, certes. Un mois compliqué où on a dût s'adapter à notre nouvelle situation. Il ne faut pas oublier que Bill et moi sommes frères avant tout...Je le connais trop bien, tout comme il me connaît trop bien. Je savais que ça serait un peu rude, que tout ne tombe pas tout cuit. Mais j'espérais quand même que les choses soient plus fluides entre nous. J'irais pas jusqu'à dire que je voudrais qu'on soit comme un couple "normal", non ça serait trop bizarre. Mais...on ne s'embrasse pas. On ne s'embrasse pas, ou seulement très peu, et ça me frustre. Je sais que je n'ai pas besoin de ça pour l'aimer, ou pour lui prouver que je l'aime...mais je me sens...presque jaloux. Jaloux qu'il ait pût embrasser Lei et Georg sans retenue, alors que moi...tout juste si il ne se met pas à trembler comme une feuille lorsque mon visage approche le sien. C'est d'autant plus incompréhensible que nous nous sommes embrasser bien avant de mettre au clair notre situation. Ca n'avait pas l'air de le déranger...il m'a même supplié de le faire!
Je ne comprends pas...
On est là, tout les deux, devant un DVD. Edouard aux Mains d'Argent, Bill voulait à tout prix voir la fin. Je ne m'ennuie pas, mais c'est pas comme si je m'amusait non plus. Il a replié ses jambes sous ses fesses et à le coude poser sur l'accoudoir, son menton dans sa paume. Là encore rien n'a changé. On pourrait...être plus proche. Mais non. On est comme avant, comme deux frères qui matent un DVD. J'aimerais bien lui en parler...
J'en viens parfois à me dire "tout ça pour ça". Pas que je regrette, simplement que j'espérai du changement.
-Bill?
-Hm?
Il tourne à peine la tête vers moi. Je tends la main pour attraper la télécommande et mets le film en pause.
-Qu'est-ce qu'il se passe?
-Euh...ça va faire vieux cliché mais...on doit parler.
-Ah...
Il se relève et me paraît un peu anxieux.
-Quelque chose ne va pas? Il demande en haussant les sourcils.
-Tout va très bien. J'aimerais juste savoir...euh...enfin non pas savoir. J'aimerais te dire...que je trouve que...tu vois nous deux ben...j'ai l'impression que ça a pas changé par rapport à avant...
-Oh...
-Enfin, tu vois quoi. Je veux dire...bordel de merde Bill je t'embrassais plus souvent quand on était pas ensemble que maintenant.
Il hoche doucement la tête en regardant le tapis.
-Je...sais pas quoi te dire...
C'est là que je devrais sortir "parle pas et agit". Mais vu la situation, j'ai peur de le brusquer un peu...
-Tu trouves qu'on est trop, enfin, pas assez proche?
-On est proche, on est très proche même. Mais je trouve que...pour des gens qui s'aiment, du vrai amour j'te parle, ben c'est pas trop ça.
-Je pensais que tout était normal moi. On peut pas faire comme dans les films non plus.
-Nan je dis pas qu'on devrait faire comme dans les films, mais qu'on devrait...j'sais pas moi. On pourrait se donner des p'tits surnoms, s'embrasser plus souvent, je sais pas moi.
-Ecoute Tom. Je veux pas te froisser, mais j'ai pas remplit de contrat pour ça moi. Je t'aime, et tu m'aimes. On le sait, on le sent, est-ce qu'on a vraiment besoin de se donner des surnoms ridicules pour se le prouver?
-Nan mais t'enflamme pas non plus! J'disais ça comme ça!
-Ouais ben nan. C'était peut être pas ton but, mais ça m'blesse que tu m'dises ça, j'ai l'impression que tu t'ennuies avec moi, que tu t'ennuies de moi.
-Mais je m'ennuies pas du tout!
-Qu'est-ce que t'as besoin de m'embrasser alors?
-Ben les couples en principe ils s'embrassent, ils se lèchent, ils s'avalent j'en sais rien moi! Bordel les couples normaux ils baisent quoi!
Un vieil adage dit qu'il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Si j'avais eu l'occasion de la faire tourner sept fois dans la bouche de Bill, ça m'aurait éviter de dire cette putain de connerie.
-Ils baisent? T'as besoin de me baiser Tom?
Son regard me fait presque peur. Je regrette, putain je regrette d'avoir dit ça. Je parle plus vite que je ne réfléchie, et chaque fois c'est à mon désavantage.
-Nan. Nan j'ai pas besoin de te "baiser" Bill. J'aimerais juste...qu'on soit plus proche en tant qu'amoureux...
Il attrape la télécommande et redémarre le film. Ok. Là, là j'ai le droit de le dire. Tout ça pour ça.
Je reprends la télécommande, remets le film en pause.
-Bill. Est-ce que tu te rends compte là?
-Rendre compte de quoi?
-Rendre compte qu'on en est au même point. Au même point qu'avant. C'est...du gachis. Bordel, j'ai pas fait tout ça pour en arriver là. Si t'es pas content d'un truc, que quelque chose te gênes, ben dis le putain!
-Tu trouves que c'est du gâchis? On a vraiment pas la même perception des choses alors. Du gâchis nan mais j'hallucine. Savoir que tes sentiments sont réciproques, ça t'apportes pas un truc en plus là!
Il a plaqué sa main sur mon torse et je comprends qu'il parle de mon coeur. Bien sûr que je ressens des trucs. Il retire sa main aussi vite qu'il l'a posé et se tourne vers la télé.
-Redonne moi la télécommande.
-Et mon droit de réponse?
-La télécommande.
-Ca m'apporte un truc t'as raison. Mais j'aimerais plus.
-T'es jamais content de toute façon. La télécommande.
-Je suis content, j'suis plus que content putain. J'peux savoir c'que j'ai fait pour que tu me parles comme ça?
-T'as encore ouvert ta bouche pour ne rien dire. Et maintenant passe la télécommande, j'aimerais bien voir la fin de ce putain de film.
Je lui lance la télécommande et me lève.
-Faut que je tue quelqu'un pour qu'tu prennes trente seconde en considération c'que j'te dis? Tu peux pas faire un effort pour me montrer un minimum d'intérêt?! Putain mais...on dirait vraiment un gamin qui a rien à foutre de sa vie et qui cherche des prétextes pour emmerder le monde!
Je monde dans la chambre enfiler un t-shirt et descends mettre mes chaussures. J'vais prendre l'air, m'aérer la tête. Surtout être loin de lui pour ne pas dire quelque chose de regrettable. Ne pas commettre un acte regrettable.
Putain de merde. J'ai l'impression d'avoir traversé le désert, et qu'en sortant on m'demande de traverser un océan à la nage. J'ai jamais voulu croire qu'un problème en cachait un autre, et pourtant les faits sont là. Tout ça pour ça. Cette putain de phrase qui résonne dans tout les coins de ma pauvre tête. J'ai jamais rien demandé qu'un peu plus d'attention. Est-ce que c'est mal de demander un peu plus de contact avec la personne qu'on aime? Est-ce qu'il croit vraiment que je vais passer ma vie à le regarder? C'est pas comme si j'lui demandais un truc crade. C'est pas crade de se tenir la main, de s'embrasser, de se caresser.
Peut-être que... regretter, c'est pas la meilleure solution. Peut-être que tout simplement, j'en ai pas fait assez, même si je m'obstine à penser le contraire. Inconsciemment, je suis sûr que Bill attend bien plus de moi. Seulement...qu'est-ce que je peux faire de plus? Qu'est-ce que j'ai encore à lui prouver? Je me suis débarrassé de tous, un par un. Qu'est-ce que je peux faire de plus? Je...c'est totalement...putain. C'est moi qui en ai fait le plus! Dans cette putain d'histoire c'est moi qui ai le plus agit! Il pourrait faire un effort, des efforts!
Je marche sans vraiment savoir où je vais, et de temps en temps, ne pas avoir de but et avancer quand même, ça fait du bien. Ca fait un putain de bien de tout laisser derrière soit, de se vider l'esprit, de laisser les problèmes. Bon d'accord, il faut à un moment où à un autre retourner en arrière, mais le temps d'une ballade, prendre l'air, ça fait un putain de bien.
Faut que...je trouve un truc. Un truc pour le surprendre, qu'il ouvre un peu les yeux, qu'il se dise en se levant le matin "putain j'ai envie d'embrasser Tom".
Et évidemment, je trouve rien, rien du tout, et je suppose que j'abuserais un peu de demander de l'aide à Gustav, j'ai promis de le laisser tranquille ...Oui mais là c'est pas pareil, ça causera de mal à personne si il m'aide, juste à trouver une idée. Ca peut pas faire de mal. Ca ne peut pas.
-Alo?
-C'qui?
-Tom. Tu vas bien?
-Tu m'appelles jamais. Du moins jamais pour me demander seulement si je vais bien. Qu'est-ce qui ne peut pas attendre qu'on se voit ce week end?
-Euh...ben non en fait t'as raison, ça peut attendre.
-Dis toujours.
-Euhm...ben j'aimerais que tu m'aides en fait...
-Ah.
-Nan pas comme...'fin tu vois. J'voudrais comme qui dirait surprendre Bill.
-Le surprendre?
-Ouais, une sorte d'électrochoc tu vois. J'veux qu'il soit plus...je sais pas comment expliquer ça.
-Et je vois pas comment t'aider. Pas question d'embobiner quelqu'un ou j'sais pas quoi hein. Je marche plus dans ça.
-Tu parles comme un mafieu à la retraite. J'veux juste une idée. Tu pourrais pas demander à ta copine?
-J'demanderais à Lei, si tu veux.
-Merci. Bonne journée.
Me voilà bien avancé. Pourquoi...bordel de merde pourquoi j'ai jamais de bonnes idées quand il faut! Je comprends pas, pourquoi ce sont toujours les autres qui les ont, les bonnes idées. J'suis incapable de monter des plans sans qu'ils soient foireux. Pourquoi j'suis pas plus comme Georg bordel?! Georg lui, il a tout monté comme ça, toutes les situations tournaient à son avantage. Et Bill, Bill embrassait Georg! C'est le moment de sortir c'te putain de phrase cliché : Qu'est-ce qu'il a de plus que moi? Nan mais...Putain de merde Bill embrassait Georg, Bill dévorait Georg. Et moi, quedal! C'est ses 40 kilos de muscles qui font cet effet sur Bill? Il...il était pas censé l'aimer. Il l'aimait pas plus que moi, c'est pas possible. Alors, pourquoi moi j'ai rien?
Ca se trouve...Bill est encore avec Georg. Il ne m'aime peut-être pas autant qu'il le dit, il a sûrement jouer la comédie, comme il s'est si bien le faire. Il est encore avec Georg, et c'est Georg qui a tout. Toute son attention, ses surnoms, ses baisers. J'ose pas imaginer plus.
Ca tient pas debout. Pourquoi il me ferait ça au final? Ca serait quoi son but? Merde. Et si il avait pas de but justement? Si comme moi, il marchait sans avoir de direction précise, sans rien au bout de sa route? Impossible. Je le connais comme si je l'avais fait. Il n'est pas comme ça. Il n'est pas, et ne sera jamais comme ça.
Mais, Georg lui, il pourrait. Il pourrait le forcer? Le forcer à rester loin de moi? Putain de merde, il a peut-être un plan, un plan non pas pour nous séparer, mais juste nous tenir éloigner. Suffisamment éloigner pour qu'il puisse avoir Bill. Ce gars est trop intelligent pour que cette théorie soit fausse. Il est dangereux. C'est d'sa faute toute cette histoire, c'est lui qui a commencé, alors pourquoi il ne continuerait pas? Pourquoi il abandonnerait, avec ses kilos de matières grise? Pourquoi il n'aurait pas un nouvel objectif?
Je constate que je suis plus doué pour me faire des films que pour trouver des solutions. Mais en fin de compte, la solution, elle est là. Il suffit de libérer Bill de Georg. Ca paraît tellement évident maintenant. Comme si on avait allumé la lumière dans une pièce plongée dans l'obscurité depuis des années, et qu'à présent, on peu percevoir tout les éléments pour y survivre. J'ai trouvé ma solution. Cette solution qui est aussi le problème. Cette solution qui s'appelle Georg.
Je souris. Je souris parce que c'était tellement...nan mais ça tombait sous le sens! J'me sens même un peu idiot. Ok, très idiot.
Je vais aller voir Georg, maintenant, je vais lui dire que j'ai tout découvert, et ensuite j'appellerais Bill pour lui dire que tout va bien, qu'il peut se lâcher. Qu'il peut me montrer qu'il m'aime comme il faut.
J'avance tranquillement dans les rues presque désertes. Un sentiment d'anxiété se mêle délicieusement à celui de la victoire. J'arrive bientôt en bas de chez Georg. Je sais ce que j'ai à faire. J'ai tout prévu, absolument tout, et ce en quelques minutes seulement. Je vais simplement lui casser la gueule, bien l'abîmer, et ensuite le laisser là, à moitié mourant. Ca ne peut pas rater.
Mon doigt appuie longuement sur le bouton de l'interphone. Je sais que Georg est un peu dur de la feuille. Il ne répond pas, et je redoute le fait qu'il ne soit pas chez lui. Ca doit finir au plus vite. Je répète l'action trois fois, et une voix endormie se fait enfin entendre.
-Moui?
-C'est Tom. J'dois te parler.
-Putaindebordeldemerde. Je dormais là! Casse toi!
-NON! Tu descends Georg! Ou alors je monte!
-Putain mais qu'est-ce que tu viens me faire chier?!
-Faut qu'on parle.
Il raccroche. Il a raccroché. Il a raccroché, et il a intérêt à descendre dans les minutes qui suivent. Il attise ma colère et ma rancoeur. Je vais finir par le tuer...
Je m'assied sur un muret, en face de la porte de l'immeuble et guette l'arrivée de l'autre con. Si dans 5 minutes il n'est pas là, c'est décidé, je le tuerais.
Mes jambes se secouent nerveusement, l'excitation du moment. J'ai hâte, putain comme j'ai hâte. Dans quelques minutes tout mes problèmes sans exception auront disparu.
La porte s'ouvre brutalement et Georg me regarde d'un air mauvais. Il a les traits tirés par la fatigue, les yeux encore bouffis, la bouche un peu pâteuse.
-Qu'est-ce que tu viens foutre là?
-Je veux que tu laisses Bill tranquille. Pour de bon.
-Tu délires ou quoi? J'lui ai fait quoi encore à Bill?
-Arrête de faire l'innocent. Tu sais aussi bien que moi que tu l'aimes encore et que tu fais tout pour nous éloigner l'un de l'autre. J'ai trop galéré pour en arriver là, et j'te laisserais pas faire Ge.
-Ouais. Tu délires. J'retourne me coucher.
Je me lève du muret et l'attrape par l'épaule.
-Tu ne vas nul part. Je veux que tu laisses Bill, est-ce que t'as bien compris?
Il me pousse et me hurle dessus.
-Mais qu'est-ce que ce mec t'as raconté putain! J'ai rien fait!
-Il ne m'a rien dit, tu l'as menacé pas vrai? J'ai deviné tout seul comme un grand. J'ai deviné que tu lui faisais encore du mal, et je te laisserais pas faire.
-Tu débloques. T'as toujours eu une case en moins Tom.
-Je suis sérieux. Laisse nous.
-Tu vas m'écouter espèce de pauvre débile, ton frère et toi avez été effacés de ma vie, de mes souvenirs aussi loin qu'ils remontent, et je ne veux plus entendre parler de vous, ni de tout ce qui se rapporte à vous. Alors tes idées de psychopathes, tu les ramènes chez toi, tu assouvis tes pulsions incestueuses et dégueulasses avec ton jumeau, mais tu me fout la paix ok?!
-T'es vraiment qu'un enculé! T'assumes même pas! T'assumes pas d'avoir été découvert hein!
-Ouais c'est ça. J'remonte me couvrir d'ailleurs, et dormir par la même occasion.
-Georg, un pas de plus et je te tue, t'as bien compris?
Il continue d'avancer, m'adressant un doigt d'honneur. Ma vision se trouble le temps d'une seconde et je sens l'adrénaline monter rapidement, se propager dans mes membres, engourdissant mon esprit et ma raison.
Je plonge sur Georg avant qu'il n'ait eu le temps d'ouvrir la porte et le plaque férocement contre le sol. Je l'entends hurler de le lâcher, mais ne l'écoute pas.
-Laisse nous tranquille.
-Espèce de parano!
D'un geste que je ne comprends pas, Georg se retrouve au dessus de moi, serrant ma gorge.
-Va te faire soigner espèce de fou! dit-il en giflant violemment ma joue.
Il se relève, passant une main sur son menton ensanglanté.
-T'es barge Tom! Vraiment! Putain de merde!
Il lance un coup de pied qui aurait dût atterrir directement dans mes côtes, mais j'attrape son membre et le tire. Il tombe par terre, se rattrapant avec ses mains, hurlant de douleur. Sans réfléchir je passe au dessus de lui et imite ses gestes précédent. Je tiens son cou à deux mains, serrant du plus fort que je peux.
-Je vais te tuer si tu ne nous laisses pas!
Je le sens paniquer et il bat des jambes et des bras pour essayer de se dégager. Je ne suis pas fou, ce que je fais n'est pas mal. Je nous protège, je nous libère.
Ses yeux pleurent et son visage est devenu violet. Ses mouvements se font de plus en plus désespérés, et alors que je crois en avoir enfin fini, il balance son bras dans mon visage, me faisant lâcher prise. Péniblement, il essaye de se relever, suffoquant encore. D'une rapidité que je ne lui connaît pas, il attrape mes jambes au niveau des genoux et me tire en avant, me faisant tomber.
Il attrape mes cheveux et me plaque le visage au sol. Putain.
-Qui va tuer qui maintenant?!
Il relève ma tête pour mieux la claquer sur le bitume. Je ne vois plus rien, si ce n'est des flashs de couleur semblables à des étoiles. Le bruit de ma tête qui frappe résonne, bourdonne dans mes oreilles et je sens déjà mes joues humides de sang.
Je me laisse faire. Je me laisse faire parce que j'ai atrocement mal, et que même crier m'est impossible. J'ai l'impression qu'on me déchire le visage, qu'on arrache ma peau morceau par morceau. Mon piercing frotte malencontreusement le sol, et je sens déjà ma lèvre se boursouflée tandis que le perçage s'agrandit.
Il lâche ma tête comme on lâche un sac d'ordures, m'honore d'un dernier coup de pied dans le ventre, coupant ma respiration et se relève.
-Plus jamais Tom. Je veux plus jamais te voir, ni toi, ni ton transsexuel de frère!
Il se racle bruyamment la gorge et crache près de mon visage.
J'entends la porte de son immeuble se refermer, et reste seul avec ma respiration saccadée.
Je me retourne sur le dos, ouvrant péniblement les yeux pour regarder le ciel. Le ciel qui m'a trahis. Une belle journée pour nous sauver hein? Tu parles. Bordel de merde.
J'ai encore...encore...perdu.
Je sens comme si mon estomac se retourne, je suis pris de nausée, j'ai envie de vomir tout ce que j'ai dans le ventre, et pourtant, pourtant rien du tout. Des crampes insoutenables me font me plier de douleur, et mon visage se tord alors que je réprime un sanglot.
J'suis vraiment ...Minable c'est pas assez fort. Faible, pareil. Je suis pire que tout. J'ai échoué, j'ai échoué alors que j'avais tout prévu.
J'en viens à me dire que Bill est trop bien pour moi. Je suis pas capable de le protéger, de nous protéger.
Alors je hurle. Allongé, épuisé, agonisant sur le sol, je hurle toute ma douleur et toute ma rage. J'ai envie de fuir, de partir là où personne ne me verra dans un état aussi lamentable. Mais même fuir j'en suis incapable.
Il n'y a personne dans cette foutue rue pour me porter secours. Seulement des clochards trop ivres pour quoi que ce soit, ou des fuyards. Des fuyards face aux malheurs des autres, personnes pour m'aider. Aucune aide pour me relever, seulement des regards choqués, parfois terrifiés, ou simplement indifférents. Comment peut-on être indifférent à mes actes héroïques. J'ai voulu, je veux encore sauver mon frère, c'est tout ce qui m'importe. Et la seule chose qu'on me permet d'obtenir, c'est de l'indifférence, moi qui veut seulement de la reconnaissance, peut être même un peu de pitié.
Je ne devrais pas être là, en train d'agoniser.
Je rampe presque jusqu'au mur le plus proche et m'aide de celui-ci pour me relever. Par chance, je tiens sur mes deux jambes. D'un pas hésitant, je fais demi tour et prends le chemin de chez moi. Chez nous. Le vent sur mon visage me fait chialer davantage, ravivant mes douleurs, me brûlant comme un fer chauffé à blanc.
Au bout de longues minutes de marche me semblant interminables, j'arrive sur le perron de la maison. J'entre et monte rapidement à la salle de bain. Quitte à ce que Bill me voit dans cet état, autant que ça soit un minimum propre.
Je me regarde longuement dans le grand miroir, et j'ai encore plus envie de pleurer. Jamais je ne me suis vu dans un état pareil. Jamais. Je remarque seulement maintenant que mon t-shirt est déchiré au niveau de l'épaule, et que mon oreille saigne. Je m'accroche au lavabo, serrant mes mains pour ne pas hurler. Parce que oui, je voudrait hurler.
Je ne sais pas comment m'y prendre pour panser mes blessures...
POV Bill :
Assis dans le canapé, le regard dans le vide, j'ai entendu Tom rentrer. Je l'ai entendu revenir, et je ne suis pas allé le voir. Je ne suis pas encore allé le voir, parce que la confrontation sera inévitable. Je sais, je sais déjà ce qu'il s'est passé. Je le déteste pour ça. Je le déteste d'être retourné voir Georg sans rien me dire. Je le déteste d'être aller se battre, simplement pour une envie qui le démange.
Je l'entends qui sanglote dans la salle de bain, et mon coeur ne peux que se resserrer davantage. Pourquoi tout ça?
J'ai toujours sût que Tom était quelqu'un de particulier. Je sais que Tom est fragile et sensible. Je sais que Tom est perturbé. Mais je ne pensais pas qu'il l'était à ce point. J'ai peur, j'ai vraiment peur pour lui et pour nous. Sa réaction me décourage, j'ai l'impression de le perdre un peu plus.
Je prends mon courage à deux mains et monte doucement les escaliers. Je frappe deux coups à la porte et n'obtient qu'une plainte douloureuse en réponse. J'ouvre la porte et hoquette en voyant l'état de mon frère. Son visage est déformée par la douleur, en partie ensanglanté. Ses yeux rougis fuient mon regard. Mon regard choqué. J'ai envie de partir en courant, de fuir, de le fuir.
Je fronce les sourcils et avance vers lui.
-Assied toi là, dis-je en lui montrant le rebord de la baignoire.
Il obéit et je fouille dans l'armoire à médicaments, à la recherche de compresses et de désinfectant.
-Bill écoute...
-Tais toi. Tu te fais mal.
Je cherche encore, et je sens sa main tenir doucement mon bras.
-Bill s'il te plaît sois pas fâché.
-Tais toi j'te dis.
Je repousse sa main et attrape le flacon de désinfectant. J'en verse sur une compresse, et vois mes mains trembler nerveusement.
-Ca va piquer.
Je me retourne et passe la compresse sur le visage de Tom. Je le vois crisper ses mains sur le rebord de la baignoire tandis que des larmes perlent au coin de ses yeux. Honnêtement, je n'ai absolument pas mal pour lui. J'pense même qu'il le mérite. Il le mérite. Des morceaux de graviers roulent sous la compresse, et il finit par gémir de douleur. Le sang disparaît peu à peu, le nombre de compresses disponibles avec. Plus de peur que de mal, de simples égratignures. Une fois que j'ai fini avec sa joue, je prend de quoi désinfecter sa lèvre enflée. Je suis prit d'un haut le coeur lorsque je constate que sa lèvre est carrément ouverte, son piercing presque arraché.
-Bon Dieu...mais qu'est-ce que t'as foutu...
Un long gémissement passent la barrière de ses lèvres alors je commence à désinfecter.
-Ton piercing est foutu. Bravo, franchement bravo.
Il repousse ma main et essaye de se lever.
-Quoi?
-C'est bon laisse moi tranquille. Ta pitié j'en veux pas..nan putain j'en veux pas.
-Si seulement j'avais pitié de toi Tom...
Je détaille son visage boursouflé et m'aperçois avec effarement qu'il pleure. Il pleure en silence alors que je le regarde toujours avec le même dédain.
-Pourquoi t'as fait ça?
-Est-ce que Georg a appelé?
-Georg a appelé. Il était très en colère. Qu'est-ce que tu es allé foutre chez Georg Tom?
-Pourquoi t'es fâché?
-Pourquoi t'as fait ça?
-Pourquoi tu ne me dis pas pourquoi tu es fâché? Tu ne sais pas. Tu ne sais rien et tu es fâché! Bill t'as pas le droit de te fâcher sans savoir pourquoi!
-Je suis pas fâché putain! Je suis déçu! Ouais déçu de ton attitude! Tu vas casser la gueule de Georg simplement pour pouvoir me baiser après, c'est bien ça non?
-Tu es déçu? Je t'ai déçu alors?
-Tom...
-C'est moi qui te déçois? Vraiment?
Je ne réponds rien et le regarde dans les yeux. Sa lèvre tremble dans un rictus nerveux et il se lève pour me faire face.
-Est-ce que tu es déçu parce que je t'ai sauvé?
-Sauvé?
-Tu...tu ne m'as pas dit. Mais je ne t'en veux pas. Tu avais peur, je...comprends. Je comprends que tu avais peur de Georg, j'ai eu peur pour toi aussi Bill. Alors j'y suis allé pour qu'on sorte de ce trou.
-Mais qu'est-ce que tu racontes?
Il prends doucement mes mains dans les siennes et les regarde avec attention.
-Je..j'ai compris en quelques sortes. J'ai compris ce que Georg te faisait tu sais...
-Georg?
-Ouais...je voulais vraiment qu'il te laisse tranquille.
-Tom...
-Alors j'y suis allé en pensant que je pouvais régler ça tout seul. Est-ce que tu m'en veux d'y être allé seul?
-Tom, je vois pas de quoi tu parles.
-T'as plus aucune raison d'avoir peur. Je sais que...je sais que j'ai pas été tellement à la hauteur, que j'ai pas mis sa raclée à Georg comme je l'aurais voulu, mais...
-Attends attends. Tom. Tom regarde moi.
Il lève doucement la tête et me regarde avec un air de petit garçon prit en faute.
-Tom, de quoi tu parles?
-Je...Je...Putain...
-Tom, Georg ne m'a rien fait. Rien fait du tout, ok? Je sais pas ce qu'il t'a dit, ce qu'il t'a fait, mais à moi, il ne m'a rien fait du tout.
-Bill...s'il te plaît...arrête de nier, je sais que j'ai pas été à la hauteur cette fois mais je te protégerais.
Je scrute mon jumeau dans les yeux et me rends compte que ses pupilles sont complètement dilatées et qu'elles tremblent légèrement.
-Tom je te jure que je n'ai pas revu Georg depuis...
Je me coupe en pleine phrase, pris d'une douleur aigüe. Tom a soudainement pressé tout mes doigts dans sa main, les tordant presque.
-Bill, je pense qu'on devrait partir tout les deux...
-Tom...tu m'fais mal. Lâche ma main s'il te plaît.
-Je...je crois que je suis incapable de te protéger de Georg, alors il faut qu'on s'éloigne. On part loin, avec maman si tu veux.
-Tom...tu me fais peur. Lâche moi s'il te plaît.
-Tu n'auras plus peur ok?
Je hoche la tête. Je suis perdu. J'ai peur, j'ai vraiment peur.
-Est-ce que tu es encore déçu?
-Non. Non vraiment je ne suis pas déçu. Merci Tom.
Je rentre dans son jeu, par crainte de ses réactions. Il hoche doucement la tête et m'entraîne lentement vers notre chambre.
-Tu as mal Tom?
-Ca va mieux. Je t'assure, ça va mieux.
-Alors tout va bien.
Je lui souris gentiment, mais la peur que je ressens ne disparaît pas. J'ai peur de Tom, et ça, ce n'est pas normal.
-Tom...Georg m'a dit qu'il ne voulait plus nous voir, alors on oublie cette histoire d'accord?
-Georg est un menteur. Il reviendra.
-Non Tom, il ne reviendra pas. Tu me fais confiance non? Alors crois moi quand je te dis qu'il ne reviendra pas. Jamais.
-Je suis désolé pour tout ça Bill.
Je ne comprends plus rien. Rien du tout. Il est fou. Fou fou fou fou. Il a toujours été fou, complètement fou. Et maintenant j'ai peur.
-Je vais appeler Gustav, dit-il en cherchant son téléphone. Téléphone qu'il ne trouve pas.
-Tu...tu ne l'aurais pas perdu chez Georg?
-Devant chez Georg, me corrige-t-il. Sûrement. Il est sûrement là bas.
Il dit ça en hochant la tête.
-Je vais le chercher, ok? Tu restes là, je vais le chercher.
Je quitte la chambre avant qu'il ne proteste, dévale les escaliers et sors de la maison. Je prends mon portable et appelle Gustav.
-Alo?
-C'est Bill!
-Ah tiens. Vous avez tous rêvé de moi pour m'appeler?
-Hein?
-Tom m'a appelé tout à l'heure.
-Tom est fou.
-J'écoute.
-Il est allé se battre avec Georg. Il s'est fait écraser Gustav! Et ensuite, il a dit plein de truc, j'ai rien compris! J'ai rien compris du tout, et je comprends toujours pas.
-Calme toi. Tu veux que je vienne?
-Nan. Nan surtout pas. Il me fait peur!
-Roh c'est bon c'est que Tom, il a toujours eu un grain...
-Je déconne pas! Il devient violent Gustav! Tom me ferait pas mal, et là, là il m'a fait mal!
-Bill, calme toi,ça peut pas être si grave.
-C'est grave. Qu'est-ce que je dois faire?
-J'en sais rien moi, ne le contrarie pas pour commencer. Peut être qu'il est juste fatigué.
Juste fatigué...j'aimerais bien y croire. J'ai besoin d'y croire.
-Je raccroche, je prends l'air et je rentre. Merci Gus, embrasse Lei pour moi.
Je m'assieds sur les marches du perron et prends ma tête dans mes mains. C'est à n'y rien comprendre. Il n'est pas comme ça. Il ne peut pas être comme ça. C'est une autre personne que j'avais devant moi. Une personne qui essayait de se faire passer pour une victime. Est-ce que Tom pousserait le vice à ce point? Est-ce qu'il jouerait la comédie pour satisfaire ses envies? Est-ce que...est-ce que j'ai le droit de penser ça bordel? Est-ce que j'ai le droit de douter de sa franchise comme ça? Après tout...peut-être est-il vraiment fou...peut-être qu'il croit en ce qu'il raconte.
Ses yeux...ses yeux ne trompaient pas. Ils ne trompent jamais. Il avait peur, peur pour moi. Je...Je ne sais plus trop quoi penser.
Il ne serait pas allé chez Georg sans raison. Peut être qu'il l'a provoqué...peut-être...
Non bordel, tout ça c'est de la comédie! Putain de merde Bill ouvre les yeux! Quelques minutes avant, tu te disputais avec lui à propos de votre relation, et le voilà qui revient d'une escapade héroïque qui a foiré! Tom n'est pas fou, c'est juste un très bon comédien.
Et...bon sang il me dégoûte! Tout ça pour...pour quoi au final? C'est quoi son but? M'impressionner pour que je lui tombe dans les bras? Est-ce qu'il va essayer de casser la gueule à tout ce que je n'aime pas pour arriver à ses fins?! J'hallucine complet. Je...putain j'suis...rrrr!
Je me lève, ouvre la porte et monte les marches quatre à quatre. J'ouvre violemment la porte, enlève mon t-shirt et hurle sur Tom.
-Tu veux me baiser Tom?! Ben vas-y, baise moi!
Il relève des yeux inquiets vers moi mais je n'y prête aucune attention.
-C'était bien ça que tu voulais non? Tu t'es pas fait taper dessus pour rien! Alors tu ramènes ta bite qu'on en finisse!
Il se lève pour me faire face alors que j'enlève mes chaussures, mes chaussettes, et que j'abaisse mon jean.
-Bill tu penses vraiment que...
-Ta gueule. Alors là, ta gueule. T'as interêt à profiter Tom, profite parce que sinon la prochaine personne qui te casse la gueule c'est moi!
-Bill vraiment je...
Je claque fortement sa joue non blessée et lui lance un regard noir.
-Ta gueule.
Je tire mon boxer vers le bas et le pousse sur le matelas qui rebondit sous son poids. Je plaque une main sur sa bouche, lui faisant bien comprendre que je ne veux pas l'entendre. On va le faire, puisque c'est ça qu'il attendait. On va le faire.
Je déchire ce qu'il reste de son t-shirt, et je lis la panique dans ses yeux. Il doit me prendre par un sauvage, mais non, c'est juste que j'ai toujours rêvé de déchirer le t-shirt de quelqu'un. Il tente une nouvelle fois de parler et je le fais taire avec un baiser. Je ne veux pas l'entendre me dire d'arrêter. Je ne veux pas qu'il essaye de me stopper. Pas tout ça pour ça, jamais. Bon ok, faut avouer aussi que la situation ne me déplaît pas. Les causes me perturbent autant que les conséquences me réjouissent. Je lâche ses lèvres et lèche doucement sa joue intacte. Non je ne veux pas lui faire encore plus mal, je ne veux pas être une fois de plus la cause de ses souffrances. Il murmure mon prénom alors que je descends lentement vers son cou que je ravis de caresse. Je remarque alors des traces violacées, que je retrace avec un doigt. Des traces de strangulation, mon fou de frère s'est carrément fait étrangler...
-T'es fou Tom...vraiment trop fou...
Je pose mon menton sur son épaule et reste comme ça, le temps d'un câlin. Malgré la colère que je ressens et mon attitude qui a pû lui paraître impatiente, j'ai besoin qu'il aille bien. J'ai besoin d'être tendre avec lui, parce que même si ses actes ont été irresponsables et immatures, il l'a fait pour moi, pour nous. Je dois le remercier, je dois lui montrer que je ne lui en veux pas. Pas autant que j'en ai l'air. Ses mains descendent lentement sur ma chute de reins et il me tient contre lui, tendrement.
-C'est bon Bill...c'est bon je t'assure, murmure-t-il dans mon oreille.
Sur le même timbre de voix je lui répond:
-Quand est-ce que tu vas la fermer Tom?
Je souris contre sa peau chaude et il resserre son étreinte. Après avoir embrassé sa mâchoire saillante, je me redresse pour détailler le corps endoloris de mon jumeau. Je caresse délicatement son front, descends sur sa bouche et m'attarde enfin sur son torse dénudé. Là encore, les traces du combat sont plus que visibles. Des marques rouges sur ses côtes annoncent déjà l'apparition de bleus disgracieux. Il se redresse sur les coudes et je sens son regard se poser sur moi. Je lève les yeux et lui sourit du coin des lèvres.
-T'as dû morfler mon pauvre Tom...
Je l'entends rigoler doucement et il approche une fois de plus ses lèvres de mon oreille.
-J'ai à peine sentit.
Je pousse son épaule d'un geste vif pour qu'il se rallonge et défait nerveusement la ceinture de son baggy. Une fois chose faite, j'abaisse son vêtement trop large pour lui, laissant Tom en sous vêtements.
-T'es beau, je dis en laissant mon regard traîner sur son corps finement sculpté, trop beau même
Je me recolle à lui et emplis mes poumons de son odeur. Son souffle chaud qui s'attarde dans mon cou me fait frissonner et ses mains se ré-agrippant à mes hanches m'informe de l'impatience de mon frère.
-On y viens Tom, calme toi un peu!
Je l'entends glousser contre moi et ses lèvres se posent amoureusement sur mon épaule. Mes mains traînent à présent dans son dos, le frictionnant de bas en haut. D'un mouvement habile, il me fait basculer sur le matelas, se retrouvant au dessus de moi. Je ferme les yeux, essayant d'imaginer la scène qui va se dérouler dans quelques instants. Je sens Tom bouger au dessus de moi, et un bruit de tissu me laisse penser qu'il vient de retirer son boxer, dernier obstacle entre nos deux corps.
J'ouvre les yeux et suis surpris de tomber directement sur le sourire rayonnant de Tom.
-T'es content, tu vas me baiser.
Je secoue la tête en levant les yeux alors que Tom se penche davantage au dessus de mon visage, sans pour autant laisser nos corps se toucher.
-Je suis content, parce que je vais te faire l'amour.
Sans ajouter un mot et sans me laisser le temps de réagir à sa phrase, il colle son corps au mien. Je gémit sans retenue alors que mes yeux se ferment tout seul. La main de Tom descend sur moi, sur ma hanche, et s'y agrippe. Le contact de nos peau, l'une contre l'autre, l'une sur l'autre, irradie nos corps de plaisir, un plaisir qui nous prend de la pointe des cheveux au bout des orteils, faisant se contracter nos muscles, vibrer nos respirations, trembler nos coeurs.
Son autre main, plus aventureuse, se faufile entre mes cuisses, là où la peau est si fine. Il pose ses lèvres chaudes sur ma joue et caresse timidement l'intérieur de mes cuisses. Je hoquette lorsque ses doigts rugueux se posent sur mon pénis déjà dur.
-Putain de merde Tom...
Je le sens sourire contre ma joue et il intensifie ses caresses. J'ai qu'une envie, c'est de chialer. Chialer d'avoir attendu si longtemps, chialer d'avoir presque mis en péril notre relation, sa vie. Je m'en veux d'avoir été si égoïste, toute cette attente parce que j'avais peur.
Je tourne la tête pour faire se rencontrer nos bouches et l'embrasse goulûment, comme il le voulait. Ses doigts lâchent mon membre et il met fin à notre étreinte buccale. Il se décolle de moi, se redresse, et je le vois froncer les sourcils. Ses yeux détails mon corps et je ressens son hésitation.
-Qu'est-ce que t'as?
Il secoue la tête, semblant réfléchir.
-Quoi, Tom?
Ses yeux brillants d'excitation rencontrent les miens et un sourire se dessine sur son visage. Il porte sa main au bord de mes lèvres et les caresses légèrement. Je hausse les sourcils quand je semble comprendre la situation.
-Tu veux que...
Je ne fini pas ma phrase et lance un coup de langue sur son index. Il hoche la tête, m'invitant à continuer. Pour être honnête, ça me dégoutte. Ca me dégoutte d'avoir à lui lécher les doigts, de foutre ma salive dessus, parce que je sais ce qu'il va faire avec. Et malheureusement je n'ai d'autre choix que de continuer, parce que évidemment, on a pas prévu de lubrifiant, et que je refuse d'avoir mal. Autant faire ce qu'il attend, c'est trop tard pour reculer de toute façon.
Je ferme les yeux et suce plusieurs de ses doigts et contre toute attente, je l'entends gémir doucement. Incrédule, j'ouvre les yeux, et j'ai presque envie de rigoler devant sa moue de plaisir. Nan mais ce ne sont que des doigts hein...
Je repousse sa main et il ouvre les yeux, comme s'il se reconnectait à la réalité.
-J'crois que c'est bon nan?
Sa main descend, descend, descend et s'arrête bas, très bas. Nom de Dieu j'ai peur. Putain putain putain. J'ai envie de partir loin, loin, super loin et de ne jamais, jamais revenir. Qu'est-ce qu'il va me faire bordel de merde. J'ai jamais, jamais demandé quoi que ce soit à personne, alors pourquoi j'en suis là?
-Ugh!
-Shhh...
-Ta gueule Tom.
Il a mis ses doigts dans mon cul. Il. A. Mis. Ses. Doigts. Dans. Mon. Cul. Y'a de quoi me faire débander. J'ai les doigts de Tom dans le cul. Et ça fait une putain de sensation. Ni bien, ni mal. Juste une gêne vraiment désagréable. J'me sens vraiment mal, c'est comme...je trouve même pas de comparaison assez forte. C'est pire que de porter des vêtements mouillés, ou bien de plus avoir de goût sur la langue, d'être assis sur une chaise bancale. Mais j'me sens encore plus mal pour lui. Je sais pas si c'est de sa faute, si c'est lui qui s'y prend mal ou quoi...mais si j'avais été à sa place je serais parti me cacher, loin, très loin. Il ne bouge pas, ne dis rien, ne cligne même pas des yeux. Un million d'années s'écoule, et ses doigts sont toujours fourrés là où il faut pas.
-C...combien t'en a mis? Je tente de demander. Combien t'en a mis putain...
-Je...un seul.
J'ai l'impression qu'il vient de me foutre une baffe. Un seul doigt. Un seul putain de doigt.
-Et, tu comptes le laisser là?
-Écoute Bill c'est pas évident pour moi non plus, alors tu te calmes, tu te détends et tu me laisses faire.
-Ouais bah écoute, quand t'auras un doigt dans le cul on en reparle. Putain...
-Si t'es pas content j'te laisse faire hein!
-Ta gueule.
Je sens un micro mouvement de son doigt à l'intérieur de mon moi profond. Un geste hésitant qui me laisse toujours aussi perplexe.
-Je fais du mieux que j'peux hein.
Je secoue la tête mais ne peut m'empêcher d'avoir un brin de compassion. Il aurait pû me prendre comme ça, n'écoutant que son envie, mais il va doucement, et moi j'suis là à l'engueuler... Il amorce un timide va et viens et mes orteils se crispent tout seuls. C'est pas encore super bon, mais c'est mieux. Plus il bouge en moi, et mieux ça va. Au bout de quelques minutes, il retire complètement son doigt, et je sens une pression plus importante au niveau de mon entrée. Il scrute toujours mon visage, cherchant sans doute une trace de crainte ou de douleur. Je me soulève et embrasse le bout de son nez, et une nouvelle intrusion m'arrache un soupir. C'est encore désagréable et mon visage se crispe. Comme précédemment, il me laisse le temps de m'habituer avant de bouger. Alors que ses doigts commence le chemin inverse, une plainte de douleur s'échappe de mes lèvres.
-Désolé.
Il s'excuse mais ne retire toujours pas les intrus. Ca fait foutrement mal cette fois! De sa main libre, il caresse ma joue en soufflant sur mon visage, tentant de m'apaiser.
Il recommence ses allers et venus, et moi, je recommence doucement à ressentir du plaisir. Une fois de plus, il ralentit et se retire.
-Pas question que tu mettes un troisième doigt Tom j'te préviens.
Il ricane et avale presque ma bouche dans un baiser passionné. Il se redresse ensuite totalement, à genoux sur le lit, passant légèrement ses doigts sur mon torse.
-Bill, on a pas de...de lubrifiant tu sais et...
Je sourit devant sa bouille. Il a rougit et mord nerveusement sa lèvre. Je pose une main sur son menton pour le faire arrêter, de peur qu'il ne mette un coup de dent sur sa chaire blessée.
-Je sais pas comment te demander ça Bill...
Sa main quitte mon abdomen. Je la suis des yeux et la vois aterrir sur son membre tendu. Il se caresse lentement, gémissant tout bas.
-On a pas de lubrifiant, et il faut que tu la suces.
Je relève immédiatement les yeux, tentant de capter son regard. Mais les siens son clos, et il ne peut donc pas voir mon air...non pas indigné ou choqué, juste surpris.
-Il faut...que je la suce?
Il accentue les caresses sur son sexe, sans même prendre la peine de me répondre.
-Il faut que je la suce.
Je visualise mentalement la chose. Je vais sucer mon frère, mon fou de frère, pour qu'il puisse mieux me pénétrer.
J'avance prudemment ma main vers la sienne et il ouvre enfin les yeux. Je mords ma lèvre et avance doucement. J'ai tellement envie de reculer putain.
Ca doit pas être si difficile que ça... Je louche sur son sexe érigé, mettant en place ma technique d'approche. Ma première tentative de contact soutire à Tom un cri qui me fait reculer.
-Quoi?! Pardon! Putain!
Sa respiration saccadée parvient à mes oreilles et sa main chaude se pose délicatement sur ma mâchoire.
-Désolé. Ca m'a fait un putain de bien, désolé...
Je soupire, agacé. Bah j'ai eu peur quoi!
Je lèche mes lèvres et m'attelle à la tâche. Les mains de Tom froissent le drap, tirent dessus au rythme de mes caresses buccales. Vu les gémissements que je lui tire, je ne pense pas m'y prendre si mal que ça... Malgré tout, je ferme les yeux et imagine que je suis loin de cette scène, que ce n'est pas le pénis de mon frère que je suis en train de lécher sur toute sa longueur, que ses mains ne sont pas accrochées à mes cheveux et que je ne l'entends pas gémir. Pourquoi? Tout simplement parce que me rendre compte me ferait sûrement jouir sur le coup.
Parmi ses nombreux halètement, je parviens à comprendre qu'il faut que je m'arrête, ce que je fais prestement. Je fixe son visage suant, ses yeux fiévreux, ses lèvres gonflées, non seulement par ses blessures mais aussi par le désir qui coule dans ses veines.
Rapidement il se retrouve au dessus de moi, dans notre précédente position. Un dernier chaste baiser et Tom commence à me pénétrer.
Mon corps réagit violemment : Je sens mes orteils se tordre, ma bouche s'ouvrir et un cri se perdre dans le fond de ma gorge. Jamais de toute ma vie je n'ai ressenti une douleur si intense. Je sais que Tom a fait de son mieux, mais j'ai l'impression d'être déchiré. Mes entrailles me brûlent, l'air ne rentre plus dans mes poumons. J'ai clairement la sensation d'être en train de mourir.
Les larmes jaillissent de mes yeux tandis que Tom s'immobilise au dessus de moi. J'ai déjà eu mal dans ma vie, j'ai déjà eu très mal, mais rien comparé à ça. Cette douleur m'irradie totalement. Lancinante, elle paralyse mes jambes et engourdie mes reins. Elle va me briser. Tom va me briser. Je crois qu'il me parle, mais je ne peut m'empêcher de me concentrer sur mon mal être.
Il fait exactement ce qu'il ne faut pas faire, à savoir il éloigne son corps du mien, faisant ainsi bouger son sexe à l'intérieur de moi. Une bouffée d'air parvient à pénétrer mes poumons, et je me rends compte que même respirer me fait mal. L'air me paraît chaud, brûlant. Et ma gorge me brûle un peu plus lorsque je hurle. Je hurle tout ma souffrance, sentant les larmes fraîches dévaler mes joues.
Tom ne bouge plus, je ne l'entends même plus respirer. Sans que je puisse me contrôler, je halète bruyamment, paupières closes. J'ai peur de voir la panique dans les yeux de Tom. J'avais pas envie de ça, qu'il me voit souffrir, j'avais pas envie qu'il se sente coupable. Son corps retombe lentement sur moi, m'arrachant un nouveau cri, et ses mains viennent caresser mes flancs douloureux. Je sanglote contre l'épaule de mon jumeau alors qu'il resserre son étreinte sur moi.
-Ptain Bill...
Je soupire nerveusement, incapable de lui répondre. On reste là, sans bouger, pendant un temps indéfinissable. Des heures peuvent s'écouler, des journées entières que je ne m'en rendrait pas compte. Je perçois seulement le corps chaud de Tom contre moi, sur moi...en moi. La douleur elle ne passe pas, même si elle s'atténue considérablement. Les larmes coulent lentement sur mes joues, finissant sans doute leur course dans les draps défaits. Ma respiration est redevenue silencieuse, même si elle conserve un rythme rapide.
-On va arrêter là. Ok?
Je secoue la tête. Nan mais quoi?! Pas question de s'arrêter là! J'ai pas souffert de cette façon pour ça! Pas de "tout ça pour ça" avec moi!
Alors que Tom recule, je contracte mes muscles autant que la douleur me le permet et lui arrache un gémissement. Je sourit à travers mes larmes, ça ne sera pas si catastrophique finalement.
-Tu n'arrêtes rien du tout Tom.
Il se redresse de nouveau et fait précautionneusement glisser son sexe en moi. Je scrute son visage, admire sa mâchoire crispée, son regard fiévreux et amoureux. J'en oublie d'avoir mal, tellement je me concentre sur Tom. Tom, mon frère, mon jumeau, le mec que j'aime qui prend son temps pour non pas me baiser mais me faire l'amour. Ce mec totalement malade qui a peur que j'ai mal. Et je me rends enfin compte que là, c'est l'aboutissement d'un tout. Des mois...des années d'attente, l'attente d'une concrétisation, et c'est enfin là. Il me fait l'amour, on se fait l'amour, et même si c'est pas génial c'est le moment le plus intense de toute ma vie. Mon coeur bat fort, peut être même beaucoup trop fort dans ma poitrine, peut être que je vais exploser tellement il bat fort, mais qu'importe puisque je suis dans les bras de Tom.
Lentement mais sûrement, le plaisir commence à monter. Tout est psychologique, j'avais juste besoin de ce déclic pour me sentir complètement à mon aise. Il continue ses vas et viens et je pleure toujours. Seulement ces larmes ont une toute autre signification. Des larmes de joie, de plaisir, d'amour. Je l'aime, et aussi fou soit-il, ça ne changera pas. Il fait tout pour mon bonheur, pour me protéger, son but n'a jamais été celui de me faire du mal et j'en ai eu la preuve il y a quelques minutes. Je me dois de lui rendre la pareille. Je vais partir avec ce fou, ce malade mental. Je protégerais ce dégénéré , calmerais ses crises d'angoisse et ses pulsions meurtrières. Je me demande qui est le plus atteint de nous deux, mais ma priorité c'est de m'assurer que plus jamais il ne manipulera ou ne fera du mal.
Un coup de reins plus insistant me soutire un long gémissement...de plaisir. J'entends Tom rire tout bas et répéter son mouvement. Ma respiration se saccade au fur et à mesure que je prends mon pied. Sa main vient chercher la mienne et il continue de langoureux à-coups. La douleur que j'ai ressentie il y a quelques temps est remplacée par une douce chaleur qui se répand très lentement dans mon bassin. Ma propre main glisse entre nos deux corps, satisfaisant cette putain d'envie de me caresser.
Les pénétrations de Tom deviennent plus fluides et rapides. L'un comme l'autre on prend confiance, se laissant aller à l'euphorie. Les doigts de Tom délaissent les miens pour venir caresser mes cheveux humides de ma transpiration, et sa bouche se pose tendrement sur mes yeux, effectuant de légères pression et léchant timidement les larmes qui en coulent. Je soupire dans son cou, complètement à mon aise. Je ne pouvais pas rêver mieux, et le Tom qui me surplombe est celui que j'ai toujours espéré. Il A ces pensées, un frisson de bonheur me parcourt, chatouillant mes reins et se perdant dans ma colonne vertébrale, hérissant mes poils et mes cheveux, écarquillant mes yeux. Mon corps entier part en avant, se cambrant littéralement, et j'ai l'impression de décoller. D'être hors du temps et de l'espace, loin de Tom et loin de moi même. Je ne pense pas ou alors je pense trop, je ne sais plus rien, simplement que ça fait un putain de bien, et qu'il n'y a pas de mot pour décrire la sensation. Je ne vois plus que des tâches de couleurs vives, n'entends plus que ma propre respiration et ressens toujours cette chaleur enivrante au niveau de mon bas. Je lâche ma virilité qui palpite encore, mon corps tremblant encore de l'orgasme puissant qu'il vient de vivre.
Alors que je me remets doucement, les hanches de Tom partent en avant et il s'immobilise un instant avant de se relâcher complètement, geignant près de mon oreille. A l'intérieur de moi son sexe pulse et une désagréable humidité se répand. Je n'ai pas besoin de me poser de questions, et comprends immédiatement que Tom vient de jouir en moi. Il respire bruyamment, se serrant plus fort contre moi, et une autre forme d'humidité s'étale dans mon cou et sur mes épaules. Je relève doucement la tête de Tom, et réprime un sursaut lorsque je vois ses joues inondées de larmes. Je souris tendrement, ne cherchant pas à ravaler les miennes et resserre Tom dans mes bras.
Il pleure sans un bruit contre mon épaule alors que je caresse son dos suant.
Je regarde le plafond où se dessine les ombres du dehors, et à ce moment là, je n'ai plus jamais envie de sortir. Je veux rester enfermer avec lui, parce qu'il est mon essentiel, ma nourriture et ma boisson, mon oxygène et mon univers tout entier. Je suis heureux qu'il soit allé voir Georg pour moi, je suis heureux qu'il se soit fait casser la gueule pour moi, je suis heureux de m'être énervé et je suis heureux d'en être là maintenant. Je ne regrette aucune action passée, ni de sa part, ni de la mienne, je veillerais juste sur nous deux pour qu'aucune erreur ne se répète. Je protégerais mon manipulateur de frère de sa folie, en essayant coûte que coûte de ne pas sombrer à mon tour.
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Voilàààà...
Cette fois c'était vraiment la fin.
J'suis pas très douée en lemon, vous m'excuserez ^^
Comme j'ai décidé qu'on pouvait pas se quitter déjà, j'ai une surpriiiiiise *BAF*
Ahem.
Cette surprise s'appelle "NOUVELLE FIC".
Et vous la trouverez à cet endroit.
Merci de m'avoir lu, merci d'avoir mis des com'z, merci pour tout.
J'espère que vous lirez ma prochaine...
bzOw' <3 ____
N'oubliez pas de cliquer LA!
Et puis un peu de pub pour ma n'Amélia qui commence une nouvelle fic : là